A Papa

Publié le par Gévé

Aujourd’hui, Je ne vais pas mentionner une bataille, un couronnement ou un évènement de l’histoire.

Le 12 février est date importante…. pour mon histoire. En 1947, il y a donc 70 ans, mon père naissait, prématurément, dans la douleur.

Le 8 mars 1996, 49 ans plus tard, il nous quittait, prématurément, dans la douleur.

Je n’ai jamais rien dit ni rien écrit sur lui.

Cela fait 21 ans que je me le reproche.

J’ai 42 ans aujourd’hui et j’ai vécu autant avec lui que sans lui.

En fait, je crois bien qu’il y a 2 vies distinctes dans mon parcours. 2 vies qui me paraissent parfois complètement différentes.

Je me disais qu’il y avait mon enfance, mon adolescence d’un côté puis ma vie adulte de l’autre.

C’est vrai mais pas suffisant comme explication.

Il y a eu tout simplement une vie avant la mort de mon père et une vie après.

Et je pense que je n’ai jamais vraiment refermé le couvercle de son cercueil.

Pourquoi ?

Parce que je n’ai jamais réussi, ni de son vivant, ni après à lui dire que je l’aimais. Et je ne m’en aperçois qu’aujourd’hui.

....

" Oui Papa, je t’aimais.

Bon sang, ce que tu me manques.

J’ai vécu une enfance merveilleuse avec toi, avec Maman, avec mes sœurs.

Nous n’avons manqué de rien.

Maman et toi nous avez inculqué de belles valeurs.

Et notre noyau familial était le plus bel endroit sur terre.

C’était un refuge si beau que tout l’or du monde ne m’en aurait jamais fait sortir.

Mais toi, par un triste jour hivernal, tu en es sorti.

Je n’ai jamais connu une plus grande peine que le jour où j’ai appris que tu vivais tes derniers jours.

A ce moment-là, j’ai pris conscience que nous aussi pouvions connaitre le malheur. Pendant les 2 années de ta maladie, je n’avais jamais imaginé une seule minute une telle fin. Malgré la gravité de tes maux, pour moi tu allais guérir et la vie allait continuer comme avant.

Hélas…..

Tu es donc parti.

Toi, mon premier supporter,

Toi que je cherchais toujours du coin de l’œil lorsque je rentrais sur un terrain,

Toi qui étais fier de moi quand je jouais bien

Et toi qui m’a vu arrêter mes études

Toi qui m’a vu me faire réformer de l’armée

Toi qui t’inquiétais, sans me le dire, sur mon avenir,

Enfin toi, tout simplement qui m’aimait

 

Et toi, à qui je ne l’ai pas assez dit, je t’aime aussi.

Je t’aime Papa.

 

Je suis heureux aujourd’hui de te le dire et de le partager car tu le mérites et parce qu’il faut maintenant que j’arrive à refermer le cercueil mais cette fois avec le bonheur d’avoir enfin pu te rendre hommage

 

Et tu sais, aujourd’hui, moi aussi je suis père. Comme toi.

De 3 beaux enfants. Comme toi.

Et je vais essayer de les faire grandir dans un même environnement que celui dans lequel j’ai grandi. "

 

Un père n'est pas simplement celui qui donne la vie, ce serait trop facile, un père c'est celui qui donne l'amour.

 

Merci Papa

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